005. Les préférences de Thomas

Bonjour à tous,

Voici le résultat de ma réflexion en début de projet pour identifier ce que j’aime dans une histoire. Il s’agit de la toute première étape de la méthode de John Truby. Un exercice assez difficile au final.

Ce que j’aime :

  • Les personnages :
    • Des personnages charismatiques, forts ou qui évoluent. Dont la personnalité génère des contradictions étonnantes mais crédibles, que l’on découvre encore après avoir cru les avoir cernés. Profonds et marquants.
    • Les duos improbables ou contrastés. La plupart des histoires que j’imagine ou que j’affectionne particulièrement repose sur ce genre de binôme.
    • Les personnages surhumains ou qui paraissent surhumains. Cela ne signifie pas qu’ils sont parfaits.
    • L’évolution de la relation entre les personnages. Pas forcément de bien en mal, d’amitié en amour ou autre, mais la voir prendre de la profondeur, devenir plus complexe et intéressante.
    • Les méchants aussi charismatiques que les héros, voire plus.
  • L’univers :
    • Les univers riches, complexes et, dans l’idéal, complètement surréaliste et dépaysant (Altered Carbon, Harry Potter, Marvel, Matrix, Fight Club, Witcher, …).
    • Être électrisé par la tension comme dans les huis clos (les 8 salopards) ou l’avant d’un affrontement. Mais surtout, que cette tension se résolve en un affrontement digne de ce nom.
    • Le sensoriel. Que ce soit dans les images, le son, les mots, j’aime avoir l’impression de pouvoir gouter l’image, de pouvoir sentir les mots, de pouvoir toucher les sons.
    • Le fantastique, le moderne, l’alternatif, le Steampunk, le victorien, l’ésotérique, le mélange technologie-magie, les mélanges modernes-anciens. Les dystopies.
    • Les jeux de style et l’humour.
    • Qu’il y ait une vraie signature esthétique, une ambiance, une atmosphère particulière.
  • L’intrigue :
    • Les chemins initiatiques introspectifs. Lorsque les personnages grandissent, se découvrent et approfondissent leur maitrise de leurs capacités.
    • Les enquêtes, les complots.
    • Les huis clos, l’affrontement, la rivalité entre deux personnages (À condition qu’elle se résolve un jour).
    • Les intrigues qui me surprennent, qui me font réfléchir ou qui me font penser que c’est malin/intelligent/bien joué.
    • Les histoires dont la complexité ne résident pas forcément dans l’intrigue mais dans la réflexion qu’elle amène.
    • L’émotion, quelle qu’elle soit. J’aime qu’une histoire me fasse ressentir des émotions (ce n’est pas très dur). Mais j’aime que cette émotion vienne de la beauté des choses : un sacrifice émouvant, une révélation bouleversante, une séparation déchirante, une injustice qui me donne envie de réclamer vengeance, des retrouvailles poignantes. J’aime rire et pleurer, m’enflammer, être en empathie avec un personnage, vivre émotionnellement l’aventure avec lui.
    • Les messages cachés.
  • Narration et structure :
    • La vue d’un personnage ou une vue omnisciente, je ne suis pas fan de l’entre deux.
    • L’originalité. J’aime découvrir de nouvelles façons de raconter une histoire, être surpris par les choix de l’auteur et me rendre compte que ça marche.
    • Les dialogues qui font vivre les personnages au-delà de leur simple rôle.

Ce que je n’aime pas :

  • L’eau de rose sucrée et écœurante à souhait.
  • L’horreur pour l’horreur et le gore gratuit.
  • Les récits historiques.
  • Les personnages parfaits ou sans aucun atout.
  • Les reprises de reprises de reprises de reprises d’intrigues (Buffy contre les vampires, robin des bois, le rat de bibliothèque et son beau quarterback, bad boy, …).
  • Les personnages qui se lamentent sans jamais sortir de leur crise existentielle et ne cherchent pas à tirer parti de leurs capacités (Superman, The magicians).
  • La facilité. Les Deus Ex Machina, le jumeau maléfique, le personnage qui résout tous ses problèmes d’un coup, presque sans explication autre que « j’ai compris qu’il fallait croire en ses rêves ».
  • Rester sur ma faim.
  • Les quiproquos en ironie dramatique (le lecteur/spectateur sait, mais pas les personnage). J’ai horreur de ça. Trop de frustration. Je préfère ne pas savoir.

Fantastiquement vôtre,

Les incapables.
Le 12 janvier 2021

2 réflexions sur “005. Les préférences de Thomas”

  1. J’ai trouvé super intéressant de découvrir vos deux « préférences ». Ça me fait dire que le résultat va être fantastique !
    Thomas, J’ai adoré ta manière de dépeindre ce que tu aimes dans le sensoriel, c’était très poétique.

    J’ai une question : Qu’entends-tu par l »entre deux » dans cette phrase : « La vue d’un personnage ou une vue omnisciente, je ne suis pas fan de l’entre deux. »
    Parce que, en gros, tu parles du point de vue interne et du point de vue omniscient. Il reste le point de vue externe mais je ne pense pas que tu parles de celui-ci. Qu’est-ce qui serait un entre deux de ces deux points de vue du coup pour toi ?

    1. Merci, Rose, pour ton commentaire !
      Je suis touché que tu aies apprécié nos articles et ma « façon » d’aborder mes préférences. Je mets des guillemets, car, pour le coup, c’est comme cela que je le ressens et je ne saurais pas le dire autrement.

      Pour ce qui est de l’entre-deux, certains récits ou films ont parfois tendance à déraper lorsqu’ils choisissent le point de vue externe justement. À mon sens, le point de vue externe reste centré sur le personnage. La différence avec le point de vue interne, c’est que le lecteur a une perception plus grande que celle que le personnage a de lui-même et de son environnement.
      Par exemple, nous masquer une partie de cette perception sous prétexte que le personnage ne le voyait pas afin d’arranger l’auteur dans la construction de l’intrigue m’agace et me sort de l’histoire. Cela relève du deus ex machina pour moi. Un livre de Harlan Coben, il me semble, m’avait fait cet effet.
      À l’inverse, certains utilisent un point de vue externe, mais passent d’un personnage à l’autre et la perception du récit devient vite partiellement omnisciente, ce qui va, à l’inverse, me frustrer, car il va me manquer des informations en fonction du point de vue externe choisi. Et l’auteur n’apportera pas forcément la réponse par la suite. Madame Bovary m’a fait cet effet-là.
      Je trouve que le point de vue externe est le plus difficile à maitriser et, par voie de conséquences, le plus sujet à déception pour moi.

      En espérant avoir répondu à ta question ^^.

      Thomas.

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